Les Co.nfiné·e·s de Co.théâtre

vague bleue

Pas facile de vivre confiné·e... surtout quand son métier consiste forcément à être au contact des autres... comme pour nos comédien·ne·s ! Mais pas d'inquiétudes : ils·elles sont pleins de ressources pour occuper ce temps précieux. 

Posté le
30 mars 2020 - 16:29

 

Vincent Renaudet

Vincent Renaudet

Comédien et auteur

Ma vie pendant le confinement

Ma vie pendant le confinement est finalement peu différente de celle que je mène depuis plusieurs jours déjà (ok, plusieurs semaines ^^).

En effet, comme certains le savent, le comédien alterne régulièrement entre périodes fastes où l’on multiplie les projets, les rencontres, les spectacles triomphaux en entreprise et les défilés sur les tapis rouges (non, je n’exagère qu’à peine) et les moments plus difficiles où il n’y a pas grand’chose, peu de projets ou des projets qui mettent plus de temps à se mettre en place… Périodes de jachère où l’on entre alors en « confinement artistique ».

Pour ma part, ces temps là ne sont jamais infertiles, bien au contraire. Il faut tout d’abord entretenir le réseau, provoquer de nouvelles rencontres, mettre à jour son CV, ses photos, sa bande démo, être aux aguets et répondre aux annonces de casting, préparer les mailings : aux agents, aux directeurs de casting…

Mais aussi se nourrir intellectuellement ou artistiquement : lire, voir des films ou des séries, se former pour apprendre de nouvelles choses, s’entretenir physiquement… Bref, c’est finalement loin de tout repos et même parfois plus intense que les périodes où l’on est sur scène ou devant une caméra.

Seulement voilà, comment voir des films quand on ne peut plus aller au cinéma, ou encore se former quand toutes les écoles sont fermées ? Voici mes deux petites trouvailles du jour :

Se former :

Cela fait longtemps que j’aimerais (re)prendre des cours de chant. Or, je viens de me rendre compte qu’il y avait tout un tas de tutoriels en ligne plutôt bien faits.

« Antoine Rudi », « Iris Lauren »… Nombreuses sont les chaînes youtube qui proposent des cours de chant hebdomadaires voire quotidiens.

(attention cependant à choisir le bon moment et le bon endroit dans votre domicile pour vous exprimer, cela pourrait vous fâcher avec vos « codétenus de confinement » ^^)

Voir des films :

La Fête du court métrage a lancé une belle initiative : vous ne pouvez aller au festival ? Qu’à cela ne tienne, le festival viendra à vous. En cliquant sur ce lien : https://cutt.ly/Jtlghze (lien valable jusqu’au 31/03), vous pourrez télécharger un lecteur vidéo qui vous donnera accès pendant 1 semaine à l’ensemble des courts métrages en compétitions cette année. De quoi occupez vos longues soirées de confinement :-)

Voilà pour mon petit témoignage. Je vous souhaite plein de courage en cette période un peu difficile et espère qu'on pourra vite se retrouver pour fêter le retour à la liberté très prochainement !

Bises

Vincent

 

  Tatiana Gousseff

Tatiana Gousseff

Comédienne

Confinement. Jour 17. Bon sang ce que le temps, contre toute attente, passe vite !

Au tout début, avant la sensation d’une expérience collective, l’expression des solidarités et des formes soudaines de créativité pour tromper le stress et les habitudes contrariées ou trouver des solutions professionnelles, on a pu croire que tout le monde était logé à la même enseigne : confiné. Partageant les mêmes peurs, de la contamination, de manquer de ceci ou cela, de l’avenir professionnel, de la privation de liberté, de la solitude de ses ainés etc…

Mais le confinement n’a mis personne à égalité. Pour moi par exemple, vécu dans de l’espace et sans injonctions, m’offrant un temps dont je manque, il est une bénédiction. Privilégiée, j’en suis tous les jours reconnaissante. Alors je pense fort aux soignants, professionnels exposés qui nous aident dans notre quotidien, familles avec enfants en bas-âge ou scolarisés, personnes isolées, couples en conflits, parfois violemment, migrants encore plus isolés, à ceux qui vivent dans des appartements minuscules avec enfants … Mais le désarroi peut se trouver n’importe où, car on ne sait rien des situations de chacun, et des conséquences de chemins de vie stoppés du jour au lendemain par le confinement.

En retrait dans mes périodes d’écriture ou de recherches, je suis ici en terrain connu, alors malgré les circonstances, je ne me sens pas enfermée. Concernée, mais pas angoissée, je veux garder confiance, garder de l’humour, partager du lien et offrir mon aide. Conversations en visio (limitées pour libérer la bande passante), lien avec deux jeunes migrants que j’ai accueillis chez moi pour savoir s’ils tiennent le coup dans leur logement, s’ils sont prudents, coups de fils à mes ainés, à mes enfants, aide proposée à un couple de voisins terrorisés, découverte de la Réserve Civique. Inscrite, je n’ai aucune nouvelle. J’attends.

Le 1er avril, je suis roulée dans la farine par un de mes frère et ma sœur, infectiologue en CHU et sous l’eau depuis des semaines. Le rire hystérique que j’entends sous son masque efface la blague qui m’a fait partir en boucle dans une suite de textos toujours plus ulcérés. Tellement heureuse de l’entendre rire au milieu de l’épuisement et de la dramatique situation que traversent hôpitaux et malades.

Quinze jours de confinement ont réglé dix ans de procrastination domestique, j’ai trié, rangé, classé, réparé, réaménagé, l’impression d’avoir une nouvelle maison me donne une énergie folle ! Le confinement m’offre un temps béni : lectures d’articles de fond sur le net, écriture, traduction, podcasts, films, documentaires… À mon rythme. Puisque pour une fois, le temps ne manque pas. Et je poursuis mon métier : équipée pour enregistrer à distance, je poursuis exceptionnellement de chez moi le travail de Voice Over, une des cordes de mon arc, mais sans court-circuiter les régisseurs son. Je continue d’apprendre les séquences du tournage interrompu à peine commencé, je reste en lien avec mon agent, les castings, les productions dont certaines prennent généreusement de nos nouvelles, les metteurs en scène, Co.théâtre et sa team…Tout à l’heure, j’écrirai une vraie lettre pour l’anniversaire d’une amie confinée à Los Angeles, elle sera seule pour son anniversaire. Et si je me remettais au piano ?

Ce temps excite aussi ma curiosité. Ce temps dont on se souviendra, dont on attend de voir quels fruits il offrira plus tard. Je reste mesurée. Et vous, croyez-vous vraiment à une rédemption soudaine ?

Et puis, j’essaie d’exercer ma tolérance. Certaines attitudes me choquent profondément, je travaille à ne pas juger, à ne pas m’emporter ; les temps de crise révèlent le bon et le moins bon de chacun d‘entre nous, que faire lorsque ce qui nous semble moins bon vient de gens qu’on apprécie ? Alors je relis sur ce sujet l’article d’une philosophe paru dans Libé. Et si je me remettais au piano ?

Offert par une amie, mon livre du confinement restera « De pierre et d’os ». Au milieu du chaos, alors que notre terre respire à nouveau et que le bruit des rues a laissé la place au silence ou au pépiement des oiseaux et un matin, à  un vol d’oies sauvages, voici, enchâssée dans une écriture forte, simple et poétique, une histoire de survie dans un espace blanc et immaculé où alternent une extrême solitude, des réunions de clans, des expériences initiatiques, des naissances et des disparitions, le respect de ce que  nous offrent terre et mer, la solidarité, la peur et la méchanceté, des fulgurances spirituelles, des chants et de la beauté. Un voyage qui nous exporte au-delà du confinement, là où n’a jamais cessé la quête de l’essentiel. Que vous trouverez plus volontiers sur lalibrairie.com qu’ailleurs…

Je vous embrasse, tenons-bon, restons chez vous, il y a un temps pour tout, un jour après l’autre, peut-être devrions-nous ne pas trop nous projeter, croyons que les pensées positives ont une action qu’on ne soupçonne pas, et bientôt nous irons bien à nouveau !

Mes pistes évasion confinement 

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/%C3%A0-la-recherche-de-jeanne-%C3%A9pisode-1/id1280495710?i=1000466612534&l=en

  • Archives : L’Ina offre trois mois gratuits pour profiter de madelen, et d’archives illimitées. Une mine !! https://madelen.ina.fr/
  • #culturecheznous : site du ministère avec ressources gratuites pour patents/enfants/tout le monde. Toutes les possibilités et les sites ici.

https://www.culture.gouv.fr/Culturecheznous/Tous-publics

 

  ngo

Ngo Sognog

Comédienne

En cette période de confinement, j’occupe mes après-midi à (re-)lire des ouvrages de développement personnel qui nourrissent ma posture de comédienne formatrice et mes compétences en management. Je conseille vivement « Changer d’état d’esprit » de Carol S. Dweck, professeure à l’Université de Stanford, et chercheuses des plus reconnues dans le domaine de la personnalité, de la psychologie sociale et de la psychologie du développement.

Dans « Changer d’état d’esprit », Carol Dweck décrit les concepts d’ « état d’esprit fixe » et d’ « état d’esprit de développement » et nous démontre que, seuls, les capacités et le talent ne suffisent pas, mais que l’état d’esprit a un impact capital sur la réussite de tout ce que nous entreprenons dans nos vies. Le plus important pour relever et réussir des défis étant de les aborder avec un état d’esprit de développement.

Carol Dweck nous montre comment développer cet état d’esprit : sur la base de résultats de recherche, d’anecdotes de la vie quotidienne et d’éléments biographiques de personnalités célèbres, la chercheuse américaine applique sa méthode aux diverses facettes de l’existence, incluant le monde du travail et des affaires.

Bonne lecture